Gérer l'argent d'un procheL’argent est synonyme de liberté et d’indépendance, et ce, dès notre plus jeune âge. À l’adolescence, alors que l’on commence tout juste à gérer ses propres finances et à avoir un revenu, nous prenons notre envol et nous sentons affranchis. Toutefois, avec le temps et la vieillesse, s’occuper de son portefeuille peut devenir plus difficile.

Les billets de banque retirés la veille ont disparu le lendemain, une facture est payée à deux reprises, la pinte de lait qui manquait dans le frigidaire est magiquement réapparue et il y en a même maintenant 6! Avec l’évolution de la maladie de l’Alzheimer, la gestion des finances personnelles est une des premières capacités à être affectée. Il n’est donc pas rare qu’un proche aidant devienne responsable du portefeuille de son proche. Toutefois, il est important de laisser un maximum de liberté à la personne concernée et de n’intervenir que lorsque c’est réellement nécessaire.

Mais, comment aborder le sujet avec son parent et lui prêter main-forte?

Les signes et les capacités atteintes

Avec les troubles de mémoire et la perte cognitive reliée à la démence, les habiletés d’anticipation, de planification et de raisonnement sont affectées. Ainsi, votre proche pourrait oublier de payer certaines factures ou faire le même paiement à plusieurs reprises par exemple.

Plusieurs indices peuvent indiquer qu’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer pourrait avoir besoin de soutien :

  • Des achats coûteux, soudains et inhabituels sont effectués;
  • Des sommes dérisoires ont été dépensées pour un service ou un produit qui n’en valait pas ce coût;
  • Des documents liés aux finances ont été perdus ou sont éparpillés (porte-monnaie, carte de banque, factures, etc.);
  • La personne a de la difficulté à se rappeler ses mots de passe et ses numéros d’identifications personnels (NIP);
  • La notion de l’argent devient abstraite;
  • Il devient difficile de compter de la monnaie;
  • Plusieurs retards de paiement ont été signalés;
  • Des appels de la banque ou de créanciers vous sont parvenus;
  • La personne a été victime d’une fraude ou d’un abus financier.

Cette liste n’est pas exhaustive et ces comportements ne sont pas forcément signes d’une perte d’autonomie.

Proche aidant et aîné, main dans la mainUne discussion délicate

Lorsque des difficultés en lien avec l’argent se manifestent, il faut savoir reconnaître le problème et l’aborder avec tact et diplomatie. L’indépendance financière est, pour plusieurs, intimement liée à l’estime de soi. Ainsi, le proche aidant doit absolument agir dans le respect et avec douceur.

Dans les premiers stades de la maladie d’Alzheimer, la personne atteinte pourra agir avec une certaine autonomie. Des solutions alternatives peuvent être facilement envisageables : offrir d’utiliser un porte-monnaie compartimenté, proposer de conserver toutes les factures et de réviser son état financier avec elle tous les mois, conserver une petite somme hebdomadaire en argent comptant sur soi, etc. Il est possible d’ajouter un cosignataire aux comptes bancaires, de demander à être averti en cas de transactions anormales et d’automatiser les paiements récurrents.

Lorsque la maladie aurait pris du terrain, le recours à une procuration, une tutelle ou une curatelle pourrait s’imposer. Ces documents légaux peuvent permettre qu’une personne effectue des transactions au nom d’un proche, qu’elle supervise les transactions ou qu’elle gère son portefeuille.

La gestion complète du portefeuille

La première étape serait de rassembler les informations du parent atteint d’Alzheimer. Identifiants des comptes bancaires, contrats d’assurances, états financiers, intrants et extrants, preuves de propriété vous seront nécessaires. Puisque ces informations sont confidentielles, gardez-les dans un endroit sûr tout en y conservant un accès facile et rapide.

Même si la retraite de votre proche semble bien planifiée, il peut s’avérer judicieux de réévaluer la situation. La maladie peut entraîner des dépenses additionnelles et affecter le plan déjà établi. Établir un nouveau budget pourrait donc être une nécessité afin de pouvoir faire face aux imprévus. N’oubliez pas de réviser régulièrement l’état financier de la personne, mais aussi de confirmer si ses préférences et ses besoins ont changé.

Dans une situation idéale, préparer les documents légaux (testament, mandat de protection) lorsque la personne est en santé facilitera la protection de ses finances et lui permettra de vous faire part de ses désirs. Sans ces documents, la famille devra possiblement affronter les dédales administratifs et juridiques.

Finalement, au besoin, vous pouvez toujours consulter un professionnel pour vous guider et vous épauler dans vos démarches! 

Sources