Il est reconnu mondialement que la nature et les plantes ont un effet apaisant et relaxant sur les gens. Combien trouvent refuge dans les bois lorsqu’ils sentent le besoin de refaire le plein d’énergie? Une étude réalisée dans une résidence d’aînés en Finlande démontre une corrélation entre le bien-être et le fait de pouvoir participer à des activités de jardinage en établissement.

Jardinage

Le jardinage est l’une des passions les plus communes chez les aînés. En effet, l’autosuffisance alimentaire est ancrée dans leurs valeurs depuis leur tendre enfance. Ils ont vu leurs parents prendre soin du jardin, ils ont participé à son entretien ainsi qu’à la récolte des légumes. Ils ont intégré ces activités dans leur quotidien. Cependant, lorsqu’ils arrivent en hébergement, leur environnement ainsi que leurs repères se retrouvent bouleversés.

En effet, en résidence, tout a été pensé afin de réduire les risques d’incidents chez les aînés. Tout est contrôlé, ce qui ne laisse ni liberté ni pouvoir décisionnel à ces derniers. Il est difficile de se sentir utile lorsqu’on est dépourvu de pouvoir et de responsabilités. L’étude finlandaise prouve que les personnes qui ont participé à des activités de jardinage ont démontré beaucoup plus de joie dans leur quotidien. Les changements majeurs observés chez les individus sont une plus grande autonomie, un sentiment de contrôle, une identité réaffirmée en plus d’un sentiment accru d’appartenance à un groupe, brisant l’isolement et la solitude fréquente en centre d'hébergement (Stoneham et Thoday, 1996).

Le jardinage, lorsqu’on le considère comme une interaction entre les individus et les plantes, peut être perçu comme une relation. L'horticulture permet aux individus d’être créatifs en plus de favoriser l'interaction sociale et les échanges réciproques avec d'autres personnes. Les plantes peuvent, par leur odeur et leur apparence, déclencher des souvenirs agréables du passé venant ainsi réconforter la personne qui est en relation avec elles. En jardinant, le résident peut se créer de nouveaux souvenirs et donner une nouvelle signification à sa vie, tout en expérimentant des sentiments heureux (Browne, 1992; Lewis, 1996).

Finalement, l’étude souligne qu’en intégrant le jardinage au quotidien des aînés, ils pourront comparer leurs plantes, échanger sur le sujet avec d’autres résidents et ainsi retrouver un rôle dans leur environnement. Par exemple, une personne avec beaucoup d’expérience en jardinage sera consultée par ses pairs pour des conseils sur les plantes, ce qui renforcera sa position au sein du groupe. Le fait de partager la même passion fera en sorte que les résidents se comprendront entre eux, ce qui est sécurisant. Plus les gens se sentent en contrôle avec l’environnement qui les entoure, plus ils se sentent en possession de leurs moyens. Le sentiment de prendre soin de quelque chose de vivant, en l’occurrence de leurs plantes, fait en sorte qu’ils se sentent utiles et nourri leur estime d’eux-mêmes.

Alors, qu’attendez-vous pour organiser des activités de jardinage à vos aînés?

Tiré du texte The meaning of growing plants: contribution to the Elderly living in sheltered housing, par Erja Rappe et Aino-Maija Evers.